Afin d’avoir une meilleure compréhension
de la situation à laquelle font face les patients
atteints de la mucoviscidose et leurs familles en Géorgie,
je me suis rendue à Tbilisi, la capitale de Géorgie.
Cela m’a donné l’opportunité
de discuter avec des patients et leurs familles. Dans
cet article, je vais essayer de vous donner un aperçu
des besoins des familles en citant quelques parents et
patients.
Seul un faible nombre de patients atteints de la mucoviscidose
est dépisté en Géorgie, bien que
l’on estime qu’un nouveau-né sur 3000
puisse être porteur de la maladie. En raison du
manque de vraies méthodes de dépistage et
de connaissances des symptômes de la mucoviscidose,
cette maladie n’est pas suffisamment dépistée
en Géorgie.
Lia : ‘A l’âge de
8 mois, Natsa est devenue très malade. Les médecins
ont cru qu’elle avait la tuberculose, mais le traitement
qu’ils lui ont donné contre la tuberculose
n’a fait qu’empirer son état. J’ai
réussi à convaincre les médecins
de lui faire un test de la sueur, et la mucoviscidose
a été dépistée quand elle
avait 18 mois.’
Le traitement prophylactique à la
disposition des malades en occident n’est pas disponible
en Géorgie. La connaissance des médecins
sur la mucoviscidose est assez réduite et la plupart
des médicaments sont soit très chers, soit
introuvables.
Lia : ‘Un médecin allemand
que je connais m’a donné une pleine boite
de Creon périmé. J’ai donné
des doubles doses à Natsa, vu que c’était
périmé. Mais quand la boîte sera terminée,
je ne sais pas comment je vais pouvoir donner la dose
de Creon prescrite à Natsa ; ça coûte
très cher!’
Père de Georg : ‘Lorsque mon fils a été
diagnostiqué comme porteur de la mucoviscidose,
personne ne m’a dit combien les enzymes pancréatiques
étaient nécessaires.'
Mère de Maria : ‘Nous ne pouvons pas nous
permettre d’acheter la dose d’enzymes pancréatiques
requise pour Maria, alors nous ne lui donnons qu’une
demi dose.’
Nino : ‘Les médecins m’ont dit combien
la physiothérapie était importante mais
ils ne m’ont pas montré comment faire.’
Père de Georg : ‘Nous
avions l’habitude de faire de la physiothérapie
avec Georg, mais quand son état s’est amélioré,
nous avons arrêté.’
Leila : ‘Après le diagnostic,
les médecins nous ont dit que la mucoviscidose
était une maladie grave et qu’un traitement
systématique était nécessaire. Du
Creon a été prescrit. Rien ne nous a été
dit sur la physiothérapie, le régime alimentaire
ou l’utilisation d’antibiotiques.’
En raison du manque de connaissances du personnel médical,
les patients et leurs familles ne reçoivent pas
assez d’informations sur la maladie, le traitement
et les pronostics. Ils se sentent parfois très
seuls, abandonnés et avec beaucoup de questions
qui restent sans réponses.
Lika : ‘J’aime bien jouer et courir avec mes
amis, mais ma mère ne me laisse pas souvent faire.
Elle me dit que ce n’est pas bon pour moi, que je
vais commencer à beaucoup tousser.’
Nino : ‘Les grands parents de
Lika refusent d’admettre que Lika a une maladie
génétique. Ils disent :“ notre famille
est forte et en bonne santé, nous ne sommes pas
porteurs d’une telle maladie”.’
Leila : ‘Je trouve qu’il
est dur de parler de la mucoviscidose avec “Monsieur
tout-le-monde” qui ne comprend bien souvent pas
ce qu’est la génétique. J’aimerai
bien rencontrer d’autres parents de petits patients
atteints de la mucoviscidose. De cette manière
je pourrais discuter avec des personnes qui comprendraient
la situation dans laquelle je me trouve.’
Père de Georg : ‘Est-ce
que Georg va devenir un homme bon et en bonne santé
? Pourra t’il avoir des enfants ?’
Parents de Maria : ‘Maria pourra
t’elle donner naissance à un bébé
en bonne
santé ?’
Mère de Maria : ‘Lorsque
je serais à nouveau enceinte, que puis-je faire
pour éviter que mon bébé n’ai
la mucoviscidose ?’
Leila : ‘N’y a t’il vraiment aucun
remède contre la mucoviscidose ?’