L’activité et l’entraînement physiques sont connus pour avoir une influence
positive et sont devenus une partie importante de tout le traitement des patients fibro-kystiques.
Parmi les avantages, notons la condition physique cardiorespiratoire, l’augmentation de la force
musculaire, l’amélioration du rendement ventilatoire, le maintien de la teneur minéral d’une masse
osseuse sans gras, le bien-être psychologique et une qualité de vie améliorés et une meilleure
espérance de vie.
Toutefois, l’utilité de l’entraînement physique
n’est pas réservée qu’aux patients FK les mieux portants (qui ont tendance à avoir une meilleure
capacité et une meilleure réponse aux exercices physiques) puisqu’il a plusieurs avantages
potentiels sur les patients atteints de maladie pulmonaire plus avancée – même si la maladie a
progressée au point d’être en attente pour une transplantation pulmonaire.
Plusieurs
patients fibro-kystiques se présentent pour une greffe de poumon avec un haut niveau de
"déconditionnement" physique, la conséquence est la désuétude à travers l’inactivité et la
progression de la maladie en général. De plus, l’après transplantation; la prise de médicaments
immunosuppresseurs peut ajouter un effet négatif sur la structure et la fonction du muscle
squelettique. Ce qui est probablement causé par l’atrophie des quadriceps, en partie à cause de la
costicothérapie et d’une possible diminution du muscle squelettique de la respiration
mitochondriale. (Pinet et autres, 2004; Hokanson et autres 1995). Il semble cependant sage de dire
que l’entraînement physique est en grande partie lié au programme de réhabilitation, avant et après
la transplantation.
De tels patients physiquement déconditionnés sont souvent ceux dont la
maladie est plus avancée, ils tendent à avoir une insuffisance de poids et à être inactifs, ils sont
peu tolérants à l’effort. Combien le peu de tolérance à l’effort est causé par les limites de la
maladie et combien cela est dû au "déconditionnement" physique du muscle squelettique, ce qui nous
intéresse, spécialement pour les patients qui sont en attente d’une greffe. Si ces patients
augmentaient leur tolérance à l’effort physique, malgré leurs autres limites, leur perspective
pourrait s’améliorer tant dans l’attente d’une transplantation que pendant la réhabilitation. De
plus, la mise en application d’un programme d’exercices réguliers supervisés avant la greffe d’un
poumon pourrait aider le patient à optimiser sa condition physique.
Nous avons donc offert Ã
ces patients l’opportunité de suivre un programme de conditionnement physique supervisé (incluant
des modes d’exercices, dont les intensités et les contenus sont adaptés aux besoins de chaque
individu) à notre centre de la FK. Une session typique d’exercices comprendrait une période de
réchauffement et d’étirements suivie par des exercices cardio-respiratoires, auxquels s’ajouteraient
un entraînement contre résistance et un travail sur la flexibilité et la posture. Les exercices
supervisés seraient complétés avec des exercices autonomes exécutés par le patient
chez-lui.
Des 8 patients envoyés pour s’inscrire, 3 ont refusé d’y assister : 2 des ces 3
patients ne voulaient pas ou étaient dans l’impossibilité de s’y rendre et l’autre a refusé de faire
les exercices. À la suite de l’inscription, parmi les 5 qui sont restés, 1 patient y a assisté
pendant plus d’un an avant de recevoir un transplant et y a assisté pendant sa réhabilitation; 1
patient y a assisté pendant une période de trois semaines avant de recevoir un transplant et a
continué par la suite pendant sa réhabilitation; 2 patients y ont assisté (pendant 7 et 43 semaines
respectivement),mais sont malheureusement décédés avant de recevoir un transplant; 1 y a assisté
pendant plus de 21 semaines et il est toujours en attente pour une greffe. Pour ceux qui ne
voulaient pas ou qui ne pouvaient pas y assisté, 2 ont reçus des transplants et l’autre a été radié
de la liste.
Pendant le programme, nous avons enregistré la fonction pulmonaire (% VEMS prévu),
l’état nutritionnel (IMC), les échantillons par seconde sur tapis roulant (MSS (état stationnaire
maximum)) et la saturation en oxygène (%SaO2). Pour représenter la capacité d’entraînement, nous
avons utilisé le MSS comme étant son seuil anaérobique, lequel est un bon indicateur de
fonctionnalité pratique. Lors de l’évaluation, il est important de savoir à quel niveau se situent
les activités quotidiennes du patient.
Un protocole individuel de tapis roulant a été conçu pour
déterminer le MSS de chaque patient, avec une augmentation de la vitesse de marche à toutes les 2 Ã
3 minutes d’intervalle, commençant par des paliers de vitesse relativement élevés dès le début du
test et en diminuant par la suite, jusqu’à l’atteinte de leur rythme maximum acceptable. Lorsque les
patients sentent qu’ils ont atteint leur meilleur rythme acceptable, on leur demandera de maintenir
ce rythme pour un minimum de 4 minutes. Pendant ce test, la SaO2, le rythme cardiaque et des valeurs
objectives/subjectives de l’essoufflement et de la fatigue sont enregistrés.
Les résultats
suggèrent que même si la maladie est avancée, les patients peuvent encore augmenter leur capacité
d’entraînement en augmentant le MSS malgré une diminution de la fonction respiratoire, de la
saturation en oxygène et de l’état nutritionnel (Fig 1).
Figure 1. Moyenne des changements dans les variables dans la phase
pré-transplantation |
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Depuis le début, pendant la
période de pré-transplantation, les patients montrent une capacité croissante d’entraînement tout en
maintenant un palier du niveau d’exercices. (La figure 2 montre les données typiques enregistrées
pour la fonction respiratoire, l’IMC, la capacité d’entraînement et la saturation en oxygène pour
des patients modèles, en attente de greffe, suivis pendant leur programme d’exercices). Au fil du
temps, la tendance générale des variables était; une augmentation de la courbe d’apprentissage dans
la capacité d’entraînement tandis que les autres variables diminuent lentement, ce qui suggère qu’il
y ait un déconditionnement réversible avant de commencer le programme d’exercices. Au fil du temps,
la capacité d’entraînement diminue en ligne droite aves les autres variables physiques, ce qui
suggère que la condition physique a été optimisée.
Figure 2. Données enregistrées pendant la période d’entraînement d’un patient A en
attente d’une greffe. |
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Deux des patients qui sont restés à l’entraînement pour une période prolongée ont vu
une amélioration dans leur capacité fonctionnelle et leurs familles ont remarqué une meilleure
motivation et plus d’encouragement.
Nous avons réussi à aider des patients auparavant
inactifs (et leurs familles) à adopter un mode de vie active, même si ce n’était que pour retrouver
un intérêt perdu pour l’exercice ou l’entraînement physique ou pour inculquer l’importance de
l’exercice chez les personnes qui n’ont auparavant jamais été actives. Dans plusieurs cas, les
patients ont suivi par eux-mêmes leur programme d’exercices, exigeant occasionnellement un rappel de
l’équipe d’entraînement ou un examen régulier à la clinique pour garder la motivation de continuer.
L’encouragement à adopter un mode de vie active aide nos patients à supporter leur maladie,
leur permettant de participer pleinement aux activités de groupe ou familiale et finalement, en
améliorant leur qualité de vie.

References
Pinet, C.; Scillia, P.; Cassart, M.; Lamotte, M.;
Knoop, C.; Mélot, C.; Estenne, M. 2004. Preferential reduction of quadriceps over respiratory muscle
strength and bulk after lung transplantation for cystic fibrosis. Thorax, 59 (9): 783−9.
Hokanson, J.F.; Mercier, J.G; Brooks, G.A. 1995. Cyclosporine A decreases rat
skeletal muscle mitochondrial respiration in vitro. American Journal of Respiratory and Critical
CareMedicine. 151: 1848-51.