Les thérapies visant à traiter
les symptômes de la maladie sont actuellement administrées
dans les cliniques à travers le monde. Pour ne citer que quelques
exemples, les antibiotiques traitent l’infection, le Pulmozyme
(une DNase recombinée) traite le mucus visqueux des poumons,
les agents anti-inflammatoires traitent l'inflammation des poumons.
Plusieurs nouvelles thérapies ‘fondéées sur
les symptômes’ sont en cours d'élaboration.
Pour que
les thérapies visant à traiter les causes profondes
des maladies respiratoires fibro-kystiques soient efficaces, il
est indispensable de mieux comprendre l’évolution
de ces maladies causées par la mucoviscidose. |
Pour mettre au point des thérapies
visant à traiter les causes profondes des maladies respiratoires
fibro-kystiques, il faut bien comprendre comment le gène
défectueux CFTR cause ces maladies, problème auquel la
recherche s’atèle encore à trouver une explication.
Selon une certaine théorie, les maladies respiratoires fibro-kystiques
seraient dues à l’absorption d’une quantité
excessive de sodium par les poumons qui produisent alors un mucus épaissi.
Le blocage de l’absorption du sodium a donc été
proposé comme un type de thérapie. Selon une autre théorie,
ces maladies respiratoires s’expliqueraient par une sécrétion
anormalement abondante et visqueuse des glandes muqueuses au niveau
des voies respiratoires. Cependant, certaines personnes estiment que
l’inflammation excessive due à la mucoviscidose provoquerait
les maladies respiratoires et réduirait ainsi la capacité
des poumons à tuer les bactéries. Pour que les thérapies
visant à traiter les causes profondes des maladies respiratoires
fibo-kystiques soient efficaces, il est indispensable de mieux comprendre
l’évolution de ces maladies causées par la mucoviscidose.
Pour l’heure, il n’existe aucune thérapie visant
à traiter les causes profondes des maladies respiratoires fibro-kystiques,
bien que des médicaments soient en cours d’élaboration
et pourront être disponibles d’ici peu.
Une approche
chargée d’espoirs de traitement du défaut
sous-jacent du gène CFTR consiste à mettre au point
des médicaments qui améliorent le fonctionnement
de la protéine anormale du gène CFTR responsable
de la mucoviscidose |
La troisième catégorie de thérapies
– visant à traiter le défaut sous-jacent du gène
CFTR– est éventuellement la plus chargée d’espoirs.
La thérapie génique relève de cette catégorie
et vise à remplacer le gène CFTR défectueux par
un gène normal. Cependant, le traitement génique de la
mucoviscidose demeure une perspective à long terme, étant
donné que, au cours de la dernière décennie, la
recherche a identifié d’importants obstacles à surmonter
dans ce domaine. A titre d’exemple, il est difficile d’introduire
efficacement et sûrement des gènes normaux dans les voies
respiratoires et d'administrer cette thérapie à maintes
reprises sans causer des effets immunitaires et autres.
L’autre approche de traitement du défaut sous-jacent du
gène CFTR consiste à mettre au point des médicaments
qui améliorent, en cas de mucoviscidose, le fonctionnement de
la protéine anormale du gène CFTR. La mutation CFTR-ΔF508del
est la cause la plus courante de la mucoviscidose dans le monde, au
moins une copie de la protéine CFTR-ΔF508del
étant présente chez près de 90 % de personnes atteintes.
Un médicament susceptible de ‘sauver’ la protéine
CFTR-ΔF508del
serait idéal dans la mesure où il ciblerait les cellules
qui expriment normalement le CFTR. Depuis ces cinq dernières
années, notre laboratoire oeuvre pour mettre au point des médicaments
capables d’activer la CFTR-ΔF508del.
Il faut
utiliser un robot parce que le criblage de plusieurs composés
nécessite une très forte main-d’oeuvre et
doit être faite avec beaucoup de précision. |
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Comment découvre-t-on de nouveaux médicaments?
La stratégie la plus souvent utilisée est appelée
‘high-throughput screening’ (HTS) [criblage à haut
débit], qui consiste à étudier jusqu’à
plusieurs millions de produits chimiques au moyen d’un robot similaire
à celui que nous avons dans notre laboratoire (voir Figure 1).
En règle générale, les produits chimiques sont
des collections de molécules synthétisées artificiellement,
bien que parfois des composés naturels tels que des extraits
d'herbes soient analysés. Il faut utiliser un robot parce que
l’étude de plusieurs composés nécessite une
très forte main-d’oeuvre et doit être faite avec
beaucoup de précision. Pour étudier les médicaments
qui activent le fonctionnement de la CFTR-ΔF508del,
nous avons mis au point une méthode basée sur l’essai
à fluorescence qui mesure la perméabilité de la
membrane plasmique au chlore. L'essai de base a porté sur le
testage de la capacité des composés à restaurer
le fonctionnement du CFTR dans les cellules contenant la protéine
CFTR-ΔF508del.
En étudiant
plus de 150 000 produits chimiques, nous avons découvert
plusieurs classes de produits chimiques présentant les
caractéristiques des médicaments, susceptibles de
corriger les défauts observés chez les cellules
affectées par la mucoviscidose pour les rendre plus semblables
aux cellules normales. |
Les premiers résultats obtenus sont très
prometteurs. (Les données techniques y relatives sont disponibles
dans les documents cites à la fin du présent article).
Il en ressort que la mutation ΔF508del
cause au moins deux défauts dans la protéine du gène
CFTR (voir Figure 2), notamment la réduction de la capacité
du CFTR à transporter le chlorure, et le dysfonctionnement du
processus cellulaire – la protéine CFTR-ΔF508del
demeure à l’intérieur de la cellule plutôt
que d’atteindre normalement la surface de la cellule. En étudiant
plus de 150 000 produits chimiques, nous avons découvert plusieurs
classes de produits chimiques présentant les caractéristiques
des médicaments, susceptibles de corriger les défauts
observés chez les cellules affectées par la mucoviscidose
pour les rendre plus semblables aux cellules normales.
Cela étant, le chemin à parcourir est très long
de la première découverte de composés éventuellement
utiles à leur utilisation pour le traitement d’une maladie.
Avant d’entreprendre la phase 1 des essais cliniques sur l’homme,
il faut évaluer la toxicité et la pharmacologie des nouveaux
médicaments. Même après le début des essais
sur l’homme, un composé doit attendre en général
au moins 6-7 ans pour être approuvé et mis à la
portée du grand public (en dehors des essais cliniques). Par
ailleurs, la plupart des composés qui subissent des essais cliniques
ne sont pas approuvés, en fin de compte, en raison de leur toxicité,
de leur inefficacité et d’autres problèmes.
Toutefois,
la recherche sur la mucoviscidose traverse une période
très exaltante, étant donné que, pour la
première fois, on note l’émergence de candidats-médicaments
qui traitent le défaut sous-jacent du CFTR. |
Ouvrages à lire:
1) Verkman, A.S. (2004). Drug discovery in academia. American Journal
of Physiology 286:C465-C474.
Editeur: pour avoir l’accès
en ligne à l’article ci-dessus, visiter le site:
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?CMD=search&DB=pubmed
2) Pedemonte, N., G.L. Lukacs, K. Du, E. Caci, O. Zegarra-Moran,
L.J. Galietta and A.S. Verkman (2005). Small molecule correctors of
defective ΔF508-CFTR
cellular processing identified by high-throughput screening. Journal
of Clinical Investigation. To be published August, 2005.