Authors

M.H. Cazes



G. Bellis



A. Munck



A. Nourry



E. Le Roux



S. Ravilly



F. Huet



C. Marguet

Translator
Florence Maag

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July 15, 2006

Le dépistage néonatal de la mucoviscidose apporte t-il un bénéfice clinique ?


Nous rapportons ici un intéressant essai clinique français, mené entre 1999 et 2003 par l’Institut National d’Etudes Démographiques. Celui-ci analysait de nombreux résultats en matière de santé provenant de 564 enfants de six ans atteints de mucoviscidose. Des comparaisons ont été établies entre :

Le groupe de dépistage néonatal (DN) : un groupe de 126 enfants de diverses régions françaises dont le diagnostic était issu d'un dépistage néonatal.
Le groupe souffrant d’iléus méconial (IM) : un groupe de 103 enfants pour qui le diagnostic reposait sur la présence d'iléus méconial à la naissance.
Le groupe de diagnostic clinique (DC) : un groupe de 335 enfants chez qui le diagnostic a été établi plus tard, en fonction de symptômes cliniques.

Les variables mesurées sur les enfants de 6 ans étaient la taille, le poids et l’indice de masse corporelle (IMC), le débit expiratoire de pointe (DEP) et la capacité vitale forcée (CVF), la colonisation à staphylocoque et à Pseudomonas aeruginosa, le nombre de consultations externes, le nombre d’hospitalisations traditionnelles, le nombre total d’admissions pour « une journée », l’utilisation de traitement antibiotique par intraveineuse, l’oxygénothérapie, la thérapie par nébuliseur, l’utilisation d’enzymes pancréatiques, la nutrition parentérale totale (NPT)#, la nutrition entérale* et la transplantation du poumon.

De plus, l’évolution de la colonisation à Pseudomonas aeruginosa et à staphylocoque doré a été enregistrée chaque année, pour chacun des trois groupes de diagnostic.

Les principaux résultats ont indiqué que la colonisation à Pseudomonas aeruginosa était beaucoup moins probable dans le groupe atteint de mucoviscidose ayant subi un dépistage néonatal et plus probable dans le groupe de diagnostic clinique. La thérapie par nébuliseur a donc plus souvent été nécessaire dans le groupe diagnostiqué cliniquement que dans le groupe de dépistage néonatal. Aucune différence n’a été observée pour les autres paramètres indiqués ci-dessus, ni pour la prévalence de colonisation à staphylocoque doré.

Figure 1 : nombre de patients colonisés à Pseudomonas aeruginosa par âge et par groupe de diagnostic (les résultats des trois groupes de diagnostic sont très différents pour les années 1, 3, 5, 6 et 7).

La plupart des colonisations primaires ont été diagnostiquées avant l’âge de 3 ans. Le pourcentage d'enfants colonisés à iléus méconial s’est accru ultérieurement. Au contraire, le pourcentage d’enfants ayant subi un dépistage néonatal et qui ont été un jour colonisé est resté stable, à un taux compris entre 15 % et 20 %. L’inclusion dans l’analyse des enfants ayant subi un diagnostic clinique très précoce n’a pas changé ce résultat.

Institut National d’Etudes
Démographiques, Paris, France

Le principal résultat de cette étude suggère que le dépistage néonatal peut retarder le moment où de nombreux enfants sont colonisés à Pseudomonas aeruginosa. Cependant, les causes de ce retardement n’ont pas pu être formellement déterminées. Le registre français de la mucoviscidose n’a pas précisé si la colonisation à Pseudomonas aeruginosa pouvait être identifiée comme une maladie chronique ou intermittente, les deux étant incluses dans l'analyse. En outre, le dépistage néonatal n'a pas semblé influer sur la proportion d'enfants ayant subi une colonisation à staphylocoque doré à l'âge de 6 ans.

Comme précédemment indiqué (Farrell et al, 2003), aucune différence entre les groupes et le développement à l’âge de 6 ans n’a été observée dans FEV1, contrairement à ce qu’avaient observé Farrell et son équipe en 2001. En conclusion, ce rapport suggère que le dépistage néonatal a eu un effet favorable sur la colonisation à Pseudomonas aeruginosa des voies respiratoires inférieures dans cette étude incluant une large population, mais ne fournit pas d’explication sur cette importante découverte.

Note de l'éditeur
# La nutrition parentérale totale (NPT) est utilisée pour les patients qui ne peuvent ou ne doivent pas être nourris en mangeant. La NPT s’écoule par une aiguille ou un cathéter placé dans votre veine pendant 10 à 12 heures, une fois par jour ou cinq fois par semaine. La NTP peut inclure une association de sucre et de carbohydrates (pour l’énergie), des protéines (pour la force musculaire), des lipides (la graisse), des électrolytes et des éléments en trace. Selon votre état, votre solution peut contenir toutes ces substances ou certaines d’entre elles seulement.

* La nutrition entérale est une autre méthode permettant aux personnes de recevoir la nourriture dont ils ont besoin. Egalement appelée “gavage”, la nutrition entérale est un mélange de tous les nutriments nécessaires. Ce mélange est plus épais que la nutrition parentérale ; il a parfois l’apparence d’un milk-shake. Il alimente l’estomac ou l’intestin grêle par un tube.

Pour un rapport complet sur cette étude, écrivez à l’éditeur à editor @ cfww.org

Bibliographie
1. Farrell et al, 2003. Broncho-pulmonary disease in children with cystic fibrosis after early or delayed diagnosis, Am J Respir Crit Care Med, 2003 Nov 1;168(9):1100-8.

2. Farrell et al, 2001. Early diagnosis of cystic fibrosis through neonatal screening prevents severe malnutrition and improves long-term growth. Wisconsin Cystic Fibrosis Neonatal Screening Study Group. Pediatrics, 2001 Jan;107(1):1-13.

 
 

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